J’ai quitté Copenhague à 09:47 avec 185 km devant moi et mon Actros qui ronronnait comme il sait le faire. Le GPS avait ses raisons, mais aucune ne ressemblait à la route que j’ai prise. Motor Oil C, c’est lourd, c’est visqueux, c’est exactement ce qu’on attend d’une charge qui ne vous regarde pas.
Szczecin attendait son carburant de luxe. J’ai négocié un péage qui m’a volé 40 euros sans conviction particulière. Mon Actros, lui, a avalé les kilomètres avec l’indifférence bienveillante d’une machine qui sait où elle va. 2726 euros ne discutent pas, ils se versent sur un compte et disparaissent.
Arrivé à 14:22, pas une goutte d’huile renversée, pas un retard digne de mention. On ne devient pas chauffeur routier pour les applaudissements. On le devient pour savoir que demain, il y aura un autre trajet, une autre charge, une autre certitude banale.
