12:55, mon Actros et moi quittons Genève avec 2693 euros de trajet en poche et la conviction tranquille que ce chargement d’emballages usagés ne nous posera pas de problème. Le camion gronde doucement sur l’autoroute, indifférent à la charge qu’il traîne. 132 km entre nous et Lyon, soit environ 2 heures de route paisible où personne ne crie, où rien ne fuit, où les feux rouges sont à peu près prévisibles.
En chemin, je croise 3 autres transporteurs qui me font des appels de phares sans raison discernable. C’est ainsi : on se salue dans le métier, même quand on n’a rien à se dire. L’autoroute suisse puis française défile avec cette monotonie qu’on apprend à aimer quand on fait ce métier. Mon Actros tient la route sans se plaindre, comme un compagnon qui aurait renoncé à poser des questions existentielles.
Arrivée à Lyon vers 15:15, sans incident notable. Le déchargement des emballages usagés prend 45 minutes montre en main, ce qui est étonnamment rapide pour une fois. Je signe les papiers, je reprends mon carnet, je note le trajet au stylo bleu. 2693 euros pour 132 km, c’est du travail correct. Mon Actros ronronne déjà sur le retour à vide, comme s’il pressait qu’une autre livraison l’attend demain. La route ne fait pas de faveurs, elle donne juste ce qu’on lui demande.
