17:24, je charge les structures préfabriquées chez le client de Gijon. Mon Mercedes New Actros, il regarde ça comme si de rien n’était, alors que j’étais censé partir à 16h. Les structures, c’est lourd, c’est encombrant, et ça n’aime pas les virages serrés. Le GPS m’annonce 354 km jusqu’à La Coruna. Je fais semblant de le croire.
La route du nord, elle existe. Elle est même plutôt honnête, même si elle a des idées bizarres sur ce qu’est un virage à 90 degrés. Mon camion, il suit, imperturbable, comme quelqu’un qui a accepté son sort depuis longtemps. Les structures sont bien sanglées, aucune raison de s’inquiéter. Aucune raison, sauf que c’est le métier qui veut ça. 7578 euros, ça paie la facture et ça me rappelle pourquoi j’aime pas les questions existentielles.
Arrivée à La Coruna sans incident notable, c’est-à-dire sans drame. Mon Mercedes New Actros, il s’est comporté comme un professionnel, ce qui veut dire qu’on n’en a pas parlé. Les structures sont déchargées, personne ne m’a remercié, c’est normal. 354 km, 7 heures de route tranquille, et une certitude absolue que demain ce sera exactement pareil. C’est ça, le transport.
