Ancona à 01:23, c’était le moment où les fleurs en pots décident de se faire livrer à Rome. 259 kilomètres, rien de dingue, mais mon Volvo FH 2024 a d’emblée senti que ce n’était pas une course ordinaire. Les géraniums, les bégonias, toute cette verdure paisible empilée sur palettes, ça respire la tranquillité qu’on ne respire jamais sur les routes. J’ai commencé le chargement sans traîner : 7 palettes bien rangées, rien qui bascule, rien qui s’écrase. Le camion a ronronné comme un chat qui sait qu’il va faire un court trajet.

La route jusqu’à Rome s’est déroulée sans surprise majeure, juste la compagnie habituelle des camions de nuit et des rares voitures pilotées par des insomniakes. Quelque part entre Terracina et Ciampino, j’ai croisé un convoi de fleurs frais de Hollande : eux aussi livraient, eux aussi savaient que les géraniums ne posent pas de problèmes. Mon Volvo a tenu la cadence sans se plaindre, moteur régulier, réservoir heureux. Les 259 kilomètres, c’est juste assez pour s’ennuyer royalement sans avoir le temps d’en être vraiment fâché.

Arrivée à Rome vers 06:47, le client a vérifié les pots sans faire de cirque. Toutes les fleurs avaient les feuilles au même niveau que prévu, ce qui aurait dû être banal mais ne l’était pas. Fin de journée : 7450 euros pour avoir roulé avec du jardinage à l’arrière. Mon Volvo FH 2024 s’est garé, satisfait du travail accompli, et moi j’ai fermé le carnet sur une victoire aussi discrète qu’un géranium blanc.

— Tonton Gzav