07:17, j’etais deja dehors avec mon Actros. Il faisait ce temps de debut de journee ou les autres dorment encore, pas moi. La marchandise attendait a Munchen comme elle attendait depuis la veille, immobile et vaguement menacante. 347 km jusqu’a Zurich, c’est pas la distance qui tue, c’est l’idee qu’on pourrait la faire les yeux fermes. Mon camion, lui, il savait ce qu’il faisait. Mercedes 2014, fiable comme une horloge suisse, sauf que c’est pas suisse.

La route a ete ce qu’elle est toujours : longue. Les autoroutes allemandes ensuite les suisses, memes rayures, memes panneaux, meme sensation que le monde se repete. A l’arrivee a Zurich, on a decharge. C’est la qu’on a constate les dommages. 2.7% de degats cargo. Voila. Pas 3%, pas 2%, exactement 2.7%. Les clients avaient apparemment des outils de mesure tres precis. Quelques cartons malmenes, rien de spectaculaire, juste assez pour etre note et facturer.

7332 euros pour cette livraison. C’etait ecrit sur le devis, donc c’etait non-negociable. Mon Actros a consomme son essence, moi j’ai consomme du temps, et la marchandise a consomme 2.7% d’elle-meme. Tout le monde y a gagne quelque chose. Je suis rentre au depot avec le sentiment diffus d’avoir accompli un truc, sans trop savoir lequel.

— Xavier