À 12:35, j’ai pris la route avec 4983 euros de responsabilité dans la remorque. Mon Mercedes New Actros ne s’est plaint de rien, comme d’habitude. Les tuyaux en fer de Santander respiraient la confiance, empilés avec une certaine dignité. Je me demande encore si quelqu’un à l’expédition savait vraiment ce qu’il faisait. 240 km, c’est la distance entre deux villes espagnoles qui n’ont rien à se dire mais qui ont besoin de tuyaux.
La route A-8 était aussi prévisible qu’une facture d’essence. Mon camion a bougé comme il sait le faire, sans histoire ni prétention. Les autres véhicules me regardaient passer avec cette mixture de respect et de pitié qu’on réserve aux routiers. Un moment, j’ai cru que la charge allait glisser. Elle n’a pas glissé. Voilà tout ce qui méritait d’être dit sur cette portion.
Arrivée à Gijon vers 17:50, pile à l’heure. Le client a signé, le camion a soupesé le vide, et moi j’ai signé le document avec ce stylo qui écrit à moitié. 4983 euros ne discutent pas. Mon Mercedes New Actros a mérité son carburant ce jour-là. Une autre livraison expédiée, comme mille avant, comme mille après. Personne n’écrira une chanson là-dessus.
