08:33, je suis devant l’entrepôt de Sines avec mon Actros qui attend. Il regarde les caisses de bouchons de liège comme si c’était du caviar. C’est vrai que 9900 euros, ça mérite du respect, même quand on expédie du liège. Je charge tranquillement, sans me poser de questions existentielles sur l’origine des bouchons ou leur destination sentimentale.

La route jusqu’à Coimbra, 339 km, c’est pas Moscou mais c’est pas la rue d’à côté non plus. Mon Mercedes Actros 2014 croise des camions qui sortent des années 1990, des véhicules où la climatisation doit être une légende urbaine. Lui, il a la clim, la radio qui crépite, et une suspension qui me permet de somnoler légalement aux feux rouges. Le GPS avait un avis tranché sur le trajet, mais les routes, elles, en avaient un autre. Tant pis, j’ai suivi le goudron.

Arrivée à Coimbra sans drame, juste avec cette sensation vague que les bouchons de liège auraient pu rester à Sines et que personne ne s’en serait aperçu. Déchargement rapide, signature sur le bon, et voilà. 9900 euros pour faire traverser du liège à un camion en pleine forme. Mon Actros a l’air satisfait de lui, moi aussi, d’ailleurs. C’est ça, les grosses livraisons.

— Tonton Gzav