Il était 06:31 quand j’ai quitté le quai de Badajoz avec mon Actros. Le bois de construction était emballé proprement, empilé comme si quelqu’un avait vraiment cru que ça changerait quelque chose. 240 km m’attendaient. Ce n’était pas marquer sur le devis que je croiserais 3 chantiers de route en même temps, mais bon, c’est le jeu.
Mon camion a ronronné sans plainte jusqu’à la moitié du trajet. À midi, les palmiers commençaient à ressembler à autre chose, et j’avais compris que 5526 euros n’était pas un prix de fantaisie. La route vers Sines était plate comme une affirmation certifiée. Aucun péage surprise, aucune déviation mystérieuse, juste le GPS qui avait raison pour une fois dans sa vie. Mon Actros 2014 prenait la chose avec le sérieux qu’il faut pour un camion qui a vu pire.
Arrivée à Sines vers 14:47. Le bois a été déchargé en 2h25, ni plus ni moins. Personne ne s’était inquiété de rien, le client non plus. C’est ça qui tue : les livraisons sans drame. Mon camion s’est étiré sur le parking comme il le fait après chaque jour, indifférent à son sort. Demain, un autre chargement. Aujourd’hui, c’était juste du bois qui avait besoin d’aller à Sines. Rien de plus.
