J’ai quitté Nice vers 18:30 avec 191 km devant moi et un chargement d’emballages usagés qui tenait à peine la moitié de la remorque. Mon Volvo FH 2024, il a pas protesté, lui il faisait juste son job. La route côtière était calme, le genre de trajet où on se demande pourquoi on gagne 3895 euros pour bouger du vide d’un côté à l’autre de la mer.
Gênes s’est annoncée vers 22 heures avec ses entrées labyrinthiques et ses panneaux qui pointaient nulle part. J’ai dû tourner 3 fois avant de trouver le bon quai, et pendant ce temps le gps du camion affichait tranquillement des routes qui n’existaient plus depuis 1987. Les types du dépôt m’ont accueilli sans enthousiasme particulier, comme si des emballages usagés débarquaient tous les soirs à cette heure. Ça l’était probablement.
Le retour en vide jusqu’à la base, c’est le moment où tu réalises que le métier, c’est 70% de silence et 30% d’attente. Mon Volvo FH 2024 a ronronné sans histoire, les routes étaient dégagées, et j’ai signé les papiers à 23:45 avec le même enthousiasme qu’on met à renouveler son abonnement téléphonique. Une nuit de travail normalement anormale, voilà tout.
