Départ de Montpellier à 18:29, mon Volvo FH 2024 chargé de 393 km de responsabilités liquides. L’huile d’olive, c’est comme les enfants : ça déteste les secousses et ça coûte cher si tu le fais mal. Mon camion a accepté le chargement sans broncher, comme d’habitude, indifférent au fait que je trimbalais de quoi remplir 8592 euros de facture. Les papiers étaient bons, la marchandise bien arrimée, le reste relève du destin et des feux tricolores.

La route jusqu’à Nice ressemble à ce qu’elle est toujours : un couloir où les gens pressés doublement, où tu attends patiemment ton tour à chaque goulot. Mon Volvo, lui, ne se plaignait pas. Il roulait à sa vitesse réglementaire, indifférent aux klaxons, aux gesticulations, aux petites guerres d’ego qui se jouaient autour de lui. À 23:15, j’ai longé l’Étuve marseillaise sans m’émouvoir. C’est le métier qui veut ça : tu vois passer les côtes, les tunnels, les panneaux « Travaux », et tu gardes ta concentration.

Arrivée à Nice à 01:47, plateforme déserte mais éclairée comme un stade. Les gars de la réception ont confirmé : 393 km parcourus sans accroc, huile intacte, camion toujours debout. 8592 euros de gagné pour avoir fait ce que je fais tous les jours. Mon Volvo FH 2024 s’est garé avec le même flegme qu’il avait démarré. Demain, ce sera une autre livraison, une autre route. Pour l’instant, j’en prends note.

— Tonton Gzav