J’ai pris la route à 10:28 avec 288 kilomètres devant moi et une remorque pleine de scooters. Le Mercedes Actros 2014, il s’est comporté comme d’habitude : sans plainte, sans surprise, juste du travail. Les gars de l’entrepôt à Valladolid avaient assuré le chargement sans trop traîner, ce qui m’a permis de ne pas croiser l’habituel débat sur les sangles. Les scooters tenaient bien, empilés correctement, et franchement, c’est rare qu’on me dise que ça l’est.

Sur la route, j’ai croisé 2 contrôles de police, tous les 2 barbants. Ils regardent la paperasse, hochent la tête, et c’est fini. Le temps était neutre, pas de pluie, pas de soleil agressif. J’ai écouté la même station de radio pendant 4 heures, ce qui veut dire que je n’ai pas changé de fréquence, pas que la programmation était bonne. Vers la moitié du trajet, j’ai arrêté au relais de Briviesca : un café sans qualités remarquables, mais c’était du café.

L’arrivée à Bilbao s’est faite sans encombre vers 15:47. La livraison sur le quai, ça a pris 40 minutes, y compris le déchargement des scooters. Le client a signé sans commentaires. Le trajet avait rapporté 9603 euros à Alpine Transports, ce qui veut dire que mon salaire, lui, restait ailleurs. Le Mercedes avait consommé ce qu’il fallait, ni plus ni moins. Une journée standard, en somme : c’est là qu’on reconnaît le vrai boulot.

— Tonton Gzav