Naples-Vlore, 357 km d’une drôle de marchandise pour un routier : du sirop d’érable. Pas vraiment le cargo qu’on croise tous les jours sur les routes des Balkans. Le Volvo FH 2024 a accepté les 8011 euros sans broncher—il connaît assez bien ses tarifs pour ne plus faire la fine bouche. J’ai chargé les 3 palettes vers 22:15, hier soir, avant de pointer vers le nord. Naples sentait encore la pizza froide et les klaxons figés.
La nuit s’est déroulée sans surprise de taille. Le moteur du Volvo ronronnait régulièrement, comme d’habitude—ce camion, il n’a jamais eu besoin de raison pour avancer. Les aires se succédaient avec leur lot de routiers endormis et de distributeurs de café tiède. Entre Tarente et les pentes albanaises, j’ai gardé une allure tranquille, histoire de pas arriver trop tôt : inutile de réveiller les manutentionnaires de Vlore avant l’heure décente. Mon radio crachait des infos routières à moitié écoutées.
L’arrivée à 06:47, c’était pile. Le port respirait à peine, quelques dockers prenaient leur café en attendant les premiers navires. Le client s’attendait à moi—il y a du bon à bien connaître ses itinéraires. Les palettes ont glissé sur le quai comme prévu. 357 km, 8 heures et demie de route, et maintenant je vais chercher du repos avant de redescendre vers l’Europe du Sud. C’est ça, le métier : savoir où on va, même quand on livre du sirop d’érable en Albanie.
