Vigo à Porto, 17:24 quand j’ai chargé. Le vinaigre en vrac, c’est comme le reste : ça pue, ça coule, ça fait semblant de rien. Mon Mercedes New Actros n’a pas bronché, lui il a l’habitude des passagers désagréables. 169 km séparent les 2 villes, ce qui veut dire 169 km pour écouter le vinaigre se plaindre en silence contre les parois de la citerne. Les 3126 euros ne discutent pas, ils se contentent d’exister entre le devis et la réalité.
La route côtière était calme, trop calme même. J’ai pensé à tous les routiers qui se demandent pourquoi ils font ça. Personne ne m’avait prévenu que le vinaigre avait des préférences en matière de virages. Le GPS avait ses raisons, 169 km et un itinéraire qui contournait gracieusement les embouteillages de fin d’après-midi. Ce n’était pas marquer sur le devis, mais j’imagine que l’expéditeur se fichait royalement que ce soit son vinaigre ou celui d’un autre.
Arrivé à Porto vers 20h15, sans incident notable. Le camion s’était comporté comme d’habitude, c’est-à-dire sans nous demander notre avis. Déchargement rapide, signature, et départ pour la nuit. 3126 euros pour avoir transpirée à l’idée que le vinaigre se renverse. Au final, personne n’avait raison d’avoir peur.
