20:25, j’etais deja sur la route depuis 4 heures quand j’ai charge les 1ers cartons a Coimbra. Ce camion, il n’a jamais demande son avis a personne, il a juste avale les kilometres comme il fait a chaque fois. La marchandise, c’etait de la vaisselle, le genre de truc qui tient a rien et qui se casse au moindre regard. J’ai check les sangles 3 fois. Ou plutot 2 fois, la 3e j’ai renonce.

Evora etait prevu pour 23:30, mais j’ai appris en route que le centre de distribution reculait de 2 heures. Pas grave, mon Mercedes il s’en fichait royalement, il a continue a ronronner sous 1500 tours par minute. La route etait vide, quelques poids lourds espagnols par-ci par-la, mais rien de special. Les cartons ont tenu bon. Enfin, presque bon. A l’arrivee, le responsable qualite a fait le compte : 1,1% de degats cargo. 11 assiettes cassees sur 1000, approximativement. C’est comme un mauvais jour au bureau pour tout le monde sauf que c’est de la vaisselle.

Livraison a 1:45 du matin, sous les lumieres jaunes du quai, avec un responsable qui baillait plus fort que mon moteur. Le camion a pris 11656 euros sans broncher. Lui, il gagne pas sa part, mais il s’en fout aussi. 293 kilometres, du vent, quelques assiettes cassees, une nuit normale sur la route. Je suis rentre dormir.

— Tonton Gzav