J’ai quitté Rome à 01:23 avec 250 km devant moi et mon Volvo FH 2024 qui ronronnait comme un chat trop bien nourri. La silice était chargée correctement, les papiers en règle, et je n’avais aucune raison de sourire. Le moteur n’avait pas d’avis sur la question, il faisait simplement son travail sans se plaindre, ce qui en dit long sur la différence entre nous. Les routes étaient aussi vides qu’un parking de dimanche à 6 heures du matin, ce qui m’arrangeait bien.

Naples approchait lentement, comme elle le fait toujours, et mon camion avalait les kilomètres sans histoire notable. Quelques péages, une station-service où j’ai pris un café qui ressemblait à du détergent liquide, et voilà. Les 5940 euros de cette livraison n’allaient pas changer ma vie, mais ils payeraient le carburant et un peu plus. C’est le genre de logique qui tient les routes ensemble depuis 30 ans.

L’arrivée s’est faite sans drame particulier, ce qui est une victoire à part entière dans ce métier. Personne ne m’attendait à Naples, évidemment, mais la marchandise était là et mon Volvo FH 2024 avait tenu ses promesses, muet et fiable comme une tombe. C’est peut-être ça, la vraie réussite : passer inaperçu.

— Tonton Gzav