361 kilomètres entre l’Albanie et la Sardaigne, ça se respecte. J’ai quitté Vlore vers 22:30 avec ma cargaison de vans_id, le genre de trajet où tu as le temps de compter les étoiles et tes regrets professionnels. Mon Volvo FH 2024 a avalé les kilomètres comme si de rien n’était, moteur régulier, consommation dans les clous. C’est vrai que ce camion, il a un certain caractère, mais pas le mauvais genre—il fait son job sans te raconter sa vie.

La route côtière m’a serré de près, surtout après minuit quand les villages s’éteignent les uns après les autres. J’ai croisé 3 autres routiers, tous aussi muets que moi à cette heure. L’aire de repos près de Durrës était fermée, naturellement. Les petites surprises, c’est le pain quotidien. La livraison était prévue à Cagliari avec 13129 euros en jeu, pas de quoi s’endormir mais pas non plus de quoi s’arracher les cheveux.

J’arrive à destination vers 11:45, le port était déjà actif. Les gars du quai connaissaient le code, pas de traînage. Mon Volvo a tenu bon du début à la fin, pas une vibration suspecte, pas une fausse note. C’est des trajets comme celui-là qui font que tu commences, discrètement, à aimer ce métier. Même si tu ne l’admets jamais vraiment.

— Tonton Gzav