J’ai pris la route tard, ce qui n’était pas vraiment un problème pour ce chargement de sel et d’épices en vrac. Le Volvo FH 2024 avait ses 6055 euros de trajet à digérer sur les 358 km jusqu’à Montpellier, et franchement, il n’y a rien de compliqué là-dedans quand on connaît la route. Andorre à 22:30, c’est déjà la nuit bien engagée, les montagnes mangent la lumière plus vite qu’ailleurs. Les palettes étaient bien calées, pas de surprise de ce côté, et je savais que ce type de livraison roule sans prise de tête.

La descente vers Foix s’est faite sans histoires, mon camion ronronnait comme il sait le faire. À ce stade du métier, on ne compte plus les heures : on compte les points d’appui, les aires où on peut déplier les jambes 20 minutes sans flipper sur la sécurité. Vers 02:45, j’ai croisé 3 autres routiers à l’aire de Carcassonne, les mêmes gueules qu’habitude, les mêmes thermos de café qui traînent. On échange un hochement de tête. Ça suffit.

Montpellier avant l’aube, c’était prévu comme ça. La livraison s’est faite à 05:50, les gars du quai n’étaient pas très réveillés non plus, mais le sel et les épices ne s’impatientent pas. En roulant vers le dépôt, j’ai pensé que ce camion gagnerait bien d’autres 6055 euros avant la fin du mois. Pas de quoi en faire un roman, mais y’a une forme de satisfaction à bien fermer la boucle.

— Tonton Gzav