J’ai quitté Trnava à 07:17 avec 6326 euros de responsabilité liquide à l’arrière. Mon Mercedes Actros 2014, il ronronnait comme prévu, indifférent au fait que je transportais ce qui s’appelle pudiquement de la crème glacée. La route était vide, les Slovaques dormaient, et j’ai pensé que 303 km, c’était gentil. Personne ne m’avait prevenu que les bacs thermiques cracheraient de la condensation comme des malades dès le kilomètre 45.
Le camion a tenu bon. Lui, il s’en fichait. On a roulé tranquille sur l’autoroute, et vers le milieu du trajet, j’ai remarqué que la température extérieure s’était décidée à grimper sans permission. 27 degrés à midi, c’est sympathique pour les touristes, c’est une urgence pour celui qui traîne 3 tonnes de vanille et chocolat dans un Mercedes. J’ai vérifié les jauges 4 fois. Rien n’avait changé. C’est rassurant et terrifiant simultanément.
On est arrivés à Prague vers 15:30, la glace était encore glace. Mon Actros 2014 avait transpercé 303 km sans se plaindre, ce qui en dit long sur lui et peu de chose sur mon talent de chauffeur. J’ai signé le bon de livraison, et quelque part dans une réception Alpine Transports, 6326 euros ont justifié leur existence. La crème glacée aussi, d’ailleurs.
