06:31, le parking de Lisbonne sentait la rosée et les mauvaises décisions. Mon Actros était là, comme prévu, avec ses 19 tonnes de jantes neuves à l’arrière. 193 kilomètres, c’était pas la distance qui posait problème, c’était plutôt que personne chez Alpine n’avait mentionné les 4 péages portugais en série. Le camion s’est mis à accepter mon GPS comme une sorte de confession religieuse, et moi j’ai accepté que 4317 euros couvrait à peine la route jusqu’à Badajoz.

La frontière espagnole a surgi vers 10:47 avec son charme habituel, c’est-à-dire aucun. Les douanes m’ont regardé comme si je tentais de contrebander des pneus de formule 1 au lieu de jantes banales. Mon Actros a franchi la ligne sans ciller, lui au moins avait confiance. À Badajoz, le client attendait depuis 11:32 sur le quai, l’air sceptique. C’était normal, ma gueule inspirait pas confiance à cette heure, avec 2 cafés trop forts et 1 sandwich avalé à 8:15.

La manutention a pris 47 minutes exactement. Pas de casse, pas de drame, juste des jantes qui changeaient de propriétaire sans tambour ni trompette. Retour vers 14:19, mon Actros ronronnait, indifférent au fait qu’on venait de faire circuler des roues à travers 2 pays pour 4317 euros. Voilà le métier. Les jantes ne remercient jamais, et c’est bien comme ça.

— Tonton Gzav